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Le site des recherches fondées sur les pratiques psychothérapiques

Présentation des recherches réalisées avec le PQS

♣ 1992 - Le processus psychothérapique et la perception de la réalité dans les troubles névrotiques.

Jones EE, Parke LA & Pulos S. How therapy is conducted in the pirate consulting room: A multivariate description of brief psychodynamic treatments. Psychotherapy Research 1992 ; 2(): 16-30.

Dans un article de 1992, Jones et al. ont étudié l’évolution des thématiques au cours d’une psychothérapie psychodynamique brève (16 séances), réalisée en pratique privée chez trente patients (20 femmes et 10 hommes) présentant des troubles névrotiques. Les transcriptions entières des séances de thérapie ont été évaluées par des cotateurs externes en utilisant la variation des scores de la SCL-90 et, pour le processus, du PQS. L’échantillon a démontré un changement statistiquement significatif entre le début et la fin du traitement et une majorité de patients ont montré au moins un critère de changement cliniquement significatif. Une perspective longitudinale du processus suggère que ces traitements ont été caractérisés par ce qui pourrait être décrit comme une orientation graduelle, allant d’une construction externe de la réalité orientée par les difficultés personnelles vers un accent mis sur l’expérience intérieure et la relation avec le thérapeute. Les résultats sont modélisés par une conceptualisation du processus qui n’est pas celle d’un déroulement discret, mais comme une série d’actions qui se définissent et se donnent mutuellement une signification ainsi qu’au contexte. Cette conceptualisation appréhende de façon plus adéquate les réalités cliniques et est un modèle plus intéressant pour la recherche que la vision conventionnelle des processus constitués d’éléments uniques et fixés qui, les uns après les autres, contribuent au résultat.

Les thérapeutes, au nombre de quinze utilisent le modèle de la psychothérapie psychodynamique. Le but de l’étude n’est pas de prescrire l’activité du thérapeute mais de décrire ce qu’ils font actuellement dans leur pratique privée. Les évaluations des séances réalisées avec le PQS sont effectuées par des étudiants en psychologie clinique, formés à l’instrument.

Les résultats, à partir des items du PQS, ont montré qu’au fur et à mesure que le traitement progressait, les patients exprimaient moins leur détresse psychologique en termes de symptômes et de plaintes physiques, et invoquaient moins les autres ou des forces externes comme sources de leurs difficultés. Avec le temps, les thérapeutes ont fait plus d'observations sur les sentiments et les idées qui étaient restés à distance ou rejetés de leur conscience, et les patients ont acquis parallèlement une meilleure compréhension, plus perspicace et plus aboutie de leurs problèmes. Le changement s’est également manifesté dans le rapport thérapeute-patient : la discussion par les patients des événements se déroulant en dehors de la thérapie a diminué sensiblement et s’est trouvée remplacée par la relation thérapeutique, c’est-à-dire que les aspects de l'interaction ou du processus interpersonnel entre le patient et le thérapeute, sont devenus un aspect important de leur dialogue. Les configurations des items ont confirmé, à l'appui des résultats, que les traitements réussis ont été caractérisés par ce genre de mouvement dans le processus de la thérapie. Moins de résultats positifs, par exemple, ont été associés à de nombreux facteurs qui semblent refléter une orientation plus extériorisée de la part des patients : compter sur leur thérapeute pour résoudre leurs problèmes ; résister à l’examen de leurs pensées et motivations ; et parler sur un mode émotionnel distant. Les patients qui ont réalisé de meilleurs résultats ont atteint un insight plus important. Ils ont également pu vivre une expérience cathartique aidée par leur thérapeute, à la différence des patients qui ont eu des résultats moins positifs, qui ont lutté pour maintenir le contrôle de leurs sentiments et de l'interaction avec le thérapeute.

Cette étude souligne également l'importance d'obtenir non seulement des représentations « statiques » du processus, c.-à-d., des descripteurs du processus à un moment donné, mais aussi des descriptions correspondantes « en mouvement » de l'évolution des processus de changement. Cela permet une compréhension du processus comme une succession de configurations qui se prolongent dans le temps.

© Jean-Michel & Monique Thurin

 

 


Dernière mise à jour : 5/11/09 info@techniques-psychotherapiques.org